Aujourd’hui ma fille m’a posé une question simple mais, fidèle à mon habitude, je n’ai pas été en mesure de répondre simplement. C’est comme si la simplicité est une chose inconnue par mes neurones. Comme un aliment qui ne se digère pas, cette simplicité passe mais ne colle pas.
Bref, ma fille fière des dragons et des roses qui tapissent ses bras me demande: « Papa, si tu te faisais tatouer, tu te ferais tatouer quoi? » Voyez-vous la simplicité et la spontanéité de sa question? J’avoue très franchement que j’étais juste content que ma fille essaie d’en savoir sur son père. Le geste de faire graver sur sa peau et de manière permanente un dessin demande une réflexion. De connaître le résultat de cette réflexion peut être très évocateur et représentatif de l’état d’esprit d’une personne. Ce genre de questions, je les collectionne et j’aime les poser. J’aime connaître les gens pour mieux les comprendre. Malheureusement, je collectionne les questions mais quand je me regarde dans le miroir, je m’aperçois que je ne collectionne pas les réponses…
Je fais le bon garçon et je m’efforce de répondre mais rien ne me vient. En fait, c’est faux. Plusieurs choses me viennent à l’esprit. Il me vient à l’esprit que je n’ai jamais vraiment pensé me faire tatouer. Le tatouage est une action qui est pleine de sens pour certaines cultures comme la culture Maorie. Est-ce que se faire tatouer serait de l’appropriation culturelle? Je pense aussi que j’ai entendu quelque part que des chercheurs ont démontré que le tatouage déréglait le phénomène de sudation parce qu’il endommageait les pores de la peau. Ce dérèglement aurait une incidence sur les performances des athlètes de haut niveau. Lisez un article sur le sujet par Martine Dallaire dans le journal le Collectif. Je poursuis ma ligne de pensée et me voilà à réfléchir que le tatouage est très en vogue de nos jours. Une mode qui pourrait peut-être bientôt changer, comme les salons de bronzage, les pantalons en corduroy ou les cheveux gaufrés.
Ma fille est une adulte et elle mérite une réponse franche puisque je sais qu’elle a l’intelligence aiguisée et est capable de faire preuve d’une grande vivacité d’esprit. Comme son père…
Voilà ma réponse, je vois le tatouage comme une méthode actuelle d’expression qui est utilisée par beaucoup de gens. Je n’ai jamais pensé à me faire un tatouage puisque dans ma culture, seuls les marginaux se faisaient faire des tatouages. Les toffs se faisaient faire des tatouages. Disons en passant que les filles aux gros totons des toffs se comparent difficilement avec les oeuvres d’art que les gens se font faire aujourd’hui. Bref, je ne me suis jamais vu comme une personne marginale ou anti-conformiste dans mon apparence. Les marginaux de mon adolescence, voulaient tellement être différents, qu’ils s’habillaient tous pareils. Par contre, je me suis toujours considéré comme un anti-conformiste dans ma manière de voir les choses.
Non mais c’est-tu assez une réponse poche et inutilement compliquée?
Me voilà encore en train de me questionner sur le pourquoi du quoi et à couper les cheveux en quatre point huit. J’aurais dû tomber une coupe de fois sur la tête quand j’étais petit. Peut-être que je pourrais enfin dormir la nuit?
J’aurais dû seulement dire: « Je me ferais tatouer le nom de ta mère dans un coeur. » Mais c’était trop facile…