Mon père dans mon enfance

Mon père dans mon enfance

J’aime mon père.

J’ai des images de lui farceur. Il nous racontait des blagues qu’il avait entendu au bureau. Toutes les blagues, il nous les racontait sauf celle de Pedro ou celle du ver solitaire. Elles étaient selon lui trop osées pour ses fils. Éventuellement, il nous la raconta. Finalement, des jokes de caca sont les jokes les plus drôles pour un enfant de 8 ans. C’était un hit.

Mon père, dans ma petite enfance, n’a pas pris beaucoup de place. Il travaillait temps plein au 22ième étage de la tour de la Banque de Commerce à Montréal et suivait des cours le soir aux Hautes études commerciales, les HEC. La fin de semaine, surtout le samedi matin, il dormait. Ça tombait bien, c’était le matin des bonhommes à la télé. Ça continuait jusqu’à 11h. Un enfant n’a pas besoin de parent quand le coyote se casse la gueule aux 45 secondes.

Mon père était quand même à presque toutes mes pratiques de hockey. Quand il attachait mes patins. C’était si fort que je ne suis pas sûr que le sang circulait.

Dans ma petite enfance, je ne me rappelle pas de longues conversations avec mon père. De toute façon, je n’ai jamais été un petit garçon très jasant. Quand on me posait des questions, je répondais bien sûr. Mais avec une boîte de légo, un petit Martin, c’est pas très jasant. Malgré tout, je n’ai jamais eu l’impression qu’il était absent dans ma vie.

Par contre, sans me parler, il m’a appris beaucoup. Il m’a montré à faire des trucs. Avec mon père, j’ai appris en faisant de la modélisation comme diraient mes collègues conseillers pédagogiques. À toute les fois où j’étais désigné pour tenir la lampe de poche, c’était la session de « Comment réparer quelque chose. » J’appris l’électricité et la plomberie en tenant une lampe de poche. Une fois de temps en temps, il y avait le cadeau suprême: « Martin, veux-tu essayer? » Même si quelque fois j’ai eu droit au: « Force autant que t’es laitte! » Ça m’a pris du temps à la comprendre parce que j’étais trop absorbé par la tâche, mais j’ai fini par la comprendre… Mon père est un farceur. Je l’ai dit au début. Mes parents ont rénové des maisons, moi j’ai appris à réparer des patentes.

J’ai droit à un bon père. Il m’a appris tout au long de mon enfance. Il m’a enseigné sans même ouvrir la bouche, sans même s’en rendre compte. Il m’a enseigné en étant un homme bon, en étant un homme fort de caractère et en étant un homme généreux et juste. Il m’a enseigné en étant un exemple à suivre. Quand je sens que je suis comme mon père avec mes filles, je sais que je suis sur le bon côté des choses.

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