La confusion des jours de soleil

La confusion des jours de soleil

Aujourd’hui, il fait un soleil radieux. Chacune des minutes de cette journée devrait être une découverte des plus belles couleurs de l’automne. Je suis né de septembre, tiraillé par la fin des chaleurs de l’été et le début des odeurs fraîches de l’automne.

Je suis un être contemplatif. J’aime regarder les choses en espérant ressentir les contours des couleurs en respirant des images. J’espère à chaque fois me rappeler de la scène qui se déroule devant moi. J’espère m’en rappeler à jamais. Mais l’image s’efface inlassablement avec les pressions du quotidien. Les pressions de la vie qui m’embête, m’ennuie.

Alors que la lumière est à son zénith que les couleurs sont les plus vibrantes,  ma tête est confuse. Je ne sais où la mettre. Elle ne reconnait plus le moment présent. Elle le cherche. L’a telle déjà trouvé? Ma quête d’un idéal est elle terminé? Est-ce la raison pourquoi la vie autour de moi ne semble plus avoir de saveur. Le métro, boulot, dodo a t’il avalé ma naïveté pour en faire une confiture de banalité sans forme. Ma vie est-elle de venu si morne que son expression insipide perd sa pertinence? Je ne suis plus là pour être moi-même. Je ne suis là que pour que mes vêtements puissent servir à quelque chose.

Quand je regarde ma peau, j’y vois les marque des années passées. J’ai l’air de ce que j’ai vécu. Je ne suis jamais resté dans l’emballage. Je me suis abîmé dans le transport. Je me suis flétri au soleil. J’ai eu besoin d’amour, de le recevoir et de le donner. Je ne suis plus capable à présent de m’en approcher parce qu’il ne vient jamais seul. Cet amour vient avec des conséquences. La passion et l’affection mène à la création. Comme le peintre qui créé des toiles mais qui ne sait plus où les mettre. Il veut exposer son oeuvre mais plus aucun lieu ne peut l’accueillir. Une fois qu’il a peint ses quatre murs, que lui reste t’il.

Je suis le seul témoin de ce que j’ai été. Chaque instant de ma vie n’appartient qu’à moi. Je suis le seul qui se rappelle de ce que j’ai fait. Il y a eu tellement de scènes dans ma vie. Tellement de scènes différentes avec de différents personnages. Il n’y a pas de fil conducteur qui pourrait permettre à un biographe de retracer les saisons de ma vie dans un ordre intelligible. Comme un stratège accidentel, j’ai cultivé la double et triple vie et jamais les acteurs de ces chroniques semblent n’avoir pu se rencontrer. J’ai vécu chaque chapitre de ma vie avec différents personnages. Je n’ai jamais eu de Milou que ma simple conscience. Personne ne pourrait se rappeler de l’intégralité de ma vie. Si je venais qu’à disparaître, chaque personne qui me connaît n’aurait qu’une part à raconter. Même la combinaison de ces parts ne pourrait servir à raconter la globalité de ma vie.

Je fais un retour sur ma vie et j’essaie de me rappeler de ceux qui ont été signifiants. Moi même, je peine à me rappeler de leurs visages et de leurs paroles. Aie-je été aussi signifiant pour eux? J’avoue que je n’ai jamais regardé la question de cet angle.

Me voilà en ce beau dimanche de soleil, respirant les premières journées de novembre et regardant comment je me suis retrouvé ici. Suis-je arrivé à destination? Parfois j’ai l’impression qu’il y avait une destination mais parfois j’ai impression que ma vie est le résultat d’une quête sans but. Ma vie à me construire une boussole pour m’orienter. Si nous vivons plusieurs vies, suis-je au début du cycle de mes vies ou à la conclusion? J’aimerais quelques fois n’être qu’une fleur qui en l’espace d’un cycle apparaît et disparaît. Mais je suis emprisonné dans mon univers intellectuel qui s’entête à créer des liens pour donner un sens à une vie qui n’en as peut-être pas.

J’aimerais pouvoir terminer cette réflexion avec une image positive et inspirante, mais ce n’est pas une de ces journées.

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