Je fais des erreurs

Je fais des erreurs

Je dois me rendre à l’évidence. Je ne peux plus me cacher. Je fais des erreurs.

J’aimerais pouvoir vous écrire que je suis infaillible. Comme tous les auteurs, présenter des idées qui sont des dogmes immuables où je suis, de tout évidence, le possesseur de la vérité universelle. Dans l’action,  vous offrir l’assurance que chaque pas que je fais est dans la bonne direction et ce sans le moindre doute.

Mais je fais des erreurs.

C’est un constat probablement anodin pour certain. Peut être une évidence pour d’autres. D’assembler les lettres et les mots sur cet outil de diffusion et d’envoyer ce message à la vue de tous, est, je crois, un exercice risqué. Peut-être même une erreur.

Puisqu’il tient ses lecteurs captifs, si son texte vaut la peine de se laisser capturer, l’auteur peut se présenter comme le héros de son aventure lettrée. Un auteur ne semble pas faire d’erreurs puisque son texte est un produit fini. Il est l’interprétation d’une réflexion qui est mouvante dans sont esprit et qui se matérialise dans la formulation des mots et des phrases et se bonifie par un travail d’édition qui consiste à corriger les erreurs. Donc en apparence, l’auteur ne fait pas d’erreur.

Le lecteur naïf que je suis, croit en cette infaillibilité et prend pour modèle ces penseurs sans peurs et sans reproches. Il oubli que eux aussi font des erreurs. Ce qui rend le constat de faire des erreurs aussi pénible.

Mais le corps de mon idée, reste l’admission de faire des erreurs où ça fait le plus mal, c’est-à-dire dans l’action. Dans beaucoup de situations, une décision est exigée sur le moment. C’est une situation que je trouve inconfortable puisque je n’ai pas l’occasion d’appuyer mes décisions sur une réflexion adéquate. Je dois me fier sur mon instinct. Or est-ce que mon instinct est le meilleur? Pour le savoir, il faudrait compter le nombre de bonnes décisions d’instinct versus le nombre de mauvaises décisions. Suis-je lâche si j’hésite fortement à faire ce calcul?

Je crois qu’il faut se rendre à l’évidence et accepter que l’on fait des erreurs. Cet acceptation, avec l’ouverture aux critiques est une manière de faire en sorte que le résultat ne soit pas une erreur. Faire une erreur peut même être nécessaire pour amorcer une discussion qui mènera à une décision plus réfléchie.

En fait, plus j’écris ces lignes, plus je me rends compte que la « vraie » erreur, c’est de ne pas prendre le risque de faire une erreur.

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