L’important, c’est pas ce qu’on dit

L’important, c’est pas ce qu’on dit

L’important ce n’est pas ce que je te dis, c’est ce que tu comprends de ce que je te dis. La communication est une des fonctions humaines des plus primaires. Dès sa naissance, le nourrisson pleure pour communiquer. Quand on regarde dans l’ordre, l’enfant respire et ensuite, il crie. Serait-il vrai de dire que l’humain communique comme il respire? C’est un autre débat. Si la communication est aussi innée chez l’humain, pourquoi elle semble aussi difficile tout au long de notre vie? Pensez-y! Si j’avais commencé à jouer de la guitare dès ma naissance, Eric Clapton pourrait aller se rhabiller!

Je continue mon analyse et je réalise qu’en plus, nous avons les outils de communication pour pouvoir parler à plus de gens et sur des plus grands espaces. De plus, nous avons aussi la possibilité de consigner notre message pour pouvoir le diffuser en différé.  Les hommes préhistoriques qui ont laissé des dessins sur les murs d’une caverne sont les inventeurs des petits mots que l’on laisse sur le réfrigérateur pour être lu plus tard.

Ayant les moyens que nous avons aujourd’hui et une impulsion innée pour la communication pourquoi nous ne semblons pas nous comprendre? Comment ce fait-il que l’expression malentendu existe encore?

Je crois qu’une partie de la réponse est dans le déséquilibre entre la capacité de réflexion et de création de notre cerveau et notre capacité à exprimer le résultat de ce processus intellectuel. Il y a une complète distorsion entre notre cerveau, qui ne semble pas être limité par l’espace temps, et les muscles de notre bouche qui doivent respecter les lois de la physique terrestre. Bref, on pense plus vite qu’on parle.

Une autre portion du problème est l’intention de communication. Elle devrait faire en sorte de justifier le choix d’un canal approprié pour une communication donnée. Un doigt élevé au milieu d’un poing serré reste une méthode simple, efficace et peu subtile de faire connaître notre mécontentement. Par contre, cette forme de communication n’offre pas la possibilité d’ajouter de la profondeur à notre argumentaire. On espère en s’exprimant de la sorte que notre interlocuteur aura l’occasion de saisir la clarté de notre intention.

Le bruit dans une communication est le facteur extérieur qui influence la compréhension du message. Bien sûr la notion de bruit en communication n’est pas que sonore, elle fait intervenir tous les facteurs extérieurs qui peuvent nuire à la communication. Demandez à un professeur de maternelle d’évaluer la communication avec son groupe d’élèves si un camion de pompiers décide de se stationner devant les fenêtres de sa classe. Le professeur vous répondra sûrement: « Passable à nulle ».

Ce que je constate, c’est que communiquer est un réflexe inné chez l’humain mais la maîtrise de l’art de communiquer est acquise. L’évaluation de notre communication est malheureusement toujours déficiente parce que nous évaluons notre communication en fonction de notre propre perception. « As-tu vu comment j’y ai dit? » C’est une erreur. La communication est la transmission d’un message composé d’une idée à un être extérieur à soit. Comme pour savoir s’il y a de l’électricité dans une prise, on regarde si une ampoule s’allume, on devrait évaluer notre  communication en regardant si le visage de notre interlocuteur s’allume. Ah oui! Et surtout lui poser la question: « Qu’est-ce que tu as compris de ce que je t’ai dit? »

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