Partout où il y de l’homme, il y a de l’hommerie. Cette parole profonde venant de ma belle mère représente bien les contradictions de la race humaine.
Nous voulons tous la paix dans le monde mais, collectivement, nous dépensons plus d’argent pour la « défense » que pour l’éducation. Cet exemple est malheureux et est un cliché presque risible. Il y a tant de ces exemples qui illustrent une séparation entre les décisions prises par le gros bon sens et leurs réalisations qui ont perdu leur essence bienfaitrice.
Quand des situations s’emparent de l’espace public, c’est l’espace public qui prend le contrôle de la situation. L’hommerie y fait son œuvre créant malheureusement une déformation dont on ne peut prévoir la conséquence.
Une définition de l’hommerie
Je définis l’hommerie comme une application pratique d’une idée, d’un concept ou d’une entité physique à travers une vision humaine des choses. Cette vision humaine étant meublée de perceptions, opinions et d’émotions. Alors que la conceptualisation des choses tant à chercher l’objectivité, on cherche à faire les choses pour qu’elles fonctionnent. L’hommerisation, dans sa pire expression, la modifie la rendant inadéquate puisqu’on y ajoute des facteurs qui ne sont pertinents qu’avec des idées d’hommes ». En terme plus simple: Quand quelque chose est fait de manière niaiseuse et que ça semble voulu, c’est de l’hommerie.
Un exemple pratique
Lors de la construction d’un stade de sport, la décision est prise d’installer des sièges n’ayant pas de dossiers. La raison de cette décision est l’économie qui serait réalisé en ayant ce type de siège. Bien sûr, l’équipe d’architectes tient compte de ce fait et modifie les plans en fonction de cette décision. Une fois le stade construit, les décideurs se rendent compte que ces sièges sans dossier sont très inconfortables. Ce qui devait être évident dès le débuts des démarches de construction. Il est finalement décidé de changer les sièges pour des sièges avec dossier. Le stade n’ayant pas été conçu pour recevoir des sièges avec dossier, il en résulte un stade où la position assise est inconfortable puisque les spectateurs ont les genoux coincés sur le dossier du siège devant eux. Les normes de sécurité sont déficientes puisque l’espace entre les rangées, limitée par la présence d’un dossier, empêche une circulation sécuritaire des gens en cas d’urgence.
C’est un exemple pur de ce que je considère comme de l’hommerie, parce que le changement pour des sièges était dicté par le manque de vision des décideurs du début et le manque de compréhension de ce qui a été fait des décideurs de la fin. Une manière gentille de dire que les décideurs ont été niaiseux au début et à la fin.
Il y a quelques années, une compagnie de pavage a refait l’asphalte d’une rue principale d’un village autour d’un poteau électrique qui était au milieu de la chaussé. La compagnie en question a justifié le geste parce que le propriétaire du poteau, la compagnie d’électricité, n’avait pas bougé depuis des mois (plus d’un an en fait) pour déplacer le poteau évoquant des règles administratives stériles et inutiles. De l’hommerie quoi!